Port de la double casquette de médecin et hypnotherapeute

Les élèves de l’ECH en formation pour Devenir Hypnohypnothérapeutes réalisent un mémoire de fin de formation sur une thématique qu’ils ont choisie.

Voici la synthèse du mémoire réalisé par Florence GOUILLY en 2019

Port de la double casquette de médecin et hypnotherapeute

« Toubib or not toubib, ou l’exercice délicat du port de la double casquette de médecin et
hypnotherapeute. »

Depuis mes débuts dans la formation de l’ECH pour devenir hypnotherapeute, j’ai su que cet
exercice allait devenir un des questionnement centraux de ma réflexion quant à mon avenir
professionnel ;

En effet, je vis depuis toujours un rapport complexe avec la médecine :
Tout d’abord, elle est inscrite dans mes gênes, ayant au moins, mes 2 parents médecins
ainsi que les parents de mon père ;

J’ai toujours « baigné dedans » puisque , petite fille, j’accompagnais parfois ma mère à ses
consultations de nourrisson dans tout le département et, pendant qu’elle s’occupait des
autres enfants, je restais bien sagement dans la pièce attenante, à dessiner et imaginer ce
qui devait bien se passer à côté quand j’entendais les pleurs des petits poupons résonner
dans les murs ;

J’ai très vite ressenti un mélange étrange de peur et d’attirance mêlées, peur de ce qui
pouvait bien se dérouler derrière la porte du cabinet de consultation et attirance pour ce
métier qui faisait de ma mère une héroïne de roman qui sauve « la veuve et l’orphelin », ce
qui en soi est assez drôle vu que j’étais moi-même orpheline de père et ma mère veuve…
Puis, la médecine s’est imposée comme seule voie professionnelle possible, au travers de
mes jumelles personnelles forcément déformantes, faites d’apprentissages, de croyances
transmises…

Je ne pouvais faire que comme ma mère et mon père, afin qu’ils soient fiers de moi et, suite
au décès de mon grand-père maternel adoré quand j’avais 12 ans, j’y ai vu l’unique moyen
de pouvoir, un jour « sauver le monde », puisque je n’avais pas pu sauver les miens…
Je m’y suis engouffrée après le bac, ai validé toutes les années bien consciencieusement
comme ce que je supposais que l’on attendait de moi et me suis retrouvée en fin de cursus à
devoir faire un choix de carrière…

Alors, bien évidemment, puisque « comme j’ai peur, alors j’y vais » ( la peur a beaucoup fait
partie de ma vie, avant ), j’ai plongé dans les Urgences, pour ressentir sans doute ce
mélange de peur et d’attirance qui me faisait avancer, pour déjouer les combines de la mort
et en sauver le plus grand nombre et me débarrasser sans nul doute de cette culpabilité
omniprésente de ne pas avoir réussi à épargner mon clan.

Quelques années plus tard, après avoir également roulé ma bosse dans différents services
d’accueil des urgences et de SMUR ( les médecins cowboys qui filent à toute allure sur les
routes ou dans les airs..!), je me suis lancée dans le secours en montagne, qui avait
l’avantage de cumuler deux points fondamentaux pour moi , « l’hyper-action » et la
montagne, synonyme de m

J’y ai bien sûr rajouté des activités de médecin chez les sapeurs-pompiers, de médecin du
sport, notamment pour les sports de montagne…Quand on aime, on ne compte pas…mais
aimais-je vraiment… ?!

Et, un matin, en 2012, je me suis réveillée en me demandant ce que je faisais de ma vie,
après quoi je courrais consciencieusement et désespérément et surtout où était ma bonne
place, professionnellement ( et bien sur personnellement ) parlant, celle où je me sentirais
enfin confortable …
J’ai mis 6 ans à la trouver…

J’en ai profité pour commencer le ménage, voire même le grand nettoyage, pour devenir
maman, ce qui n’était pas envisageable avant puisqu’il n’y avait pas de place…
Et, un jour de mars 2018, pendant un long trajet en voiture où je n’écoute habituellement pas
la radio ,préférant ma « playlist » de musique, je me suis immergée dans un programme sur
une radio que je n’écoute habituellement pas, où une hypnotherapeute invitée ce jour-là, m’a
prise en plein vol et m’a emmenée dans son univers…

Je crois que j’ai su quasi immédiatement que cet univers allait devenir le mien
inéluctablement…

Alors, après quelques ruminations et au bout de quelques jours, j’ai appelé l’ECH…
Et voilà, je me retrouve là, à écrire ce mémoire qui me fait réfléchir ni plus ni moins à la juste
place que je souhaite occuper comme hypnothérapeute…

Quand on pense à médecine et hypnose, si on cherche sur le net, on trouve d’emblée
« hypnose médicale » qui apparaît comme la propriété des « professionnels de la santé »,
médecins, infirmiers, sages-femmes, kinésihypnothérapeutes… et qui s’inscrit dans le cadre de la
prise en charge de la douleur en général ( hypno-analgésie ) et de la sédation ( hypnosédation ), notamment en chirurgie ou dans le cadre d’actes invasifs .

Puis on trouve l’hypnothérapie, définie le plus souvent comme à visée psychothérapeutique,
et qui pour certains semble être le terrain réservé aux psychologues voire à certains
psychohypnothérapeutes qui ont les compétences…

Donc, étant médecin, je devrais me cantonner à « l’hypnose médicale ».. ?
Quid du reste du champ des possibilités et des applications proposé par l’hypnose… ?
Puis-je m’affranchir de mon statut « officiel » tout en restant « dans les clous ».. ?
Que dit la loi ?
Et l’Ordre des médecins ?

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