L’Hypnose et L’Enfant adopté

Les élèves de l’ECH en formation pour Devenir Hypnohypnothérapeutes réalisent un mémoire de fin de formation sur une thématique qu’ils ont choisie.

Voici la synthèse du mémoire réalisé par Isabelle Allain en 2017

L’Hypnose et L’Enfant adopté

Les mythes enfantins racontent souvent des histoires d’abandon, comme « le petit poucet » par exemple. L’histoire d’un enfant commence toujours comme celle du héros de ce conte puisqu’un enfant ne peut être adopté sans avoir été abandonné. Il subit ensuite plusieurs bouleversements liés à son abandon.

L’enfant adopté, quel que soit son âge au moment de son adoption, n’est pas « une page blanche » sur laquelle la suite de son histoire s’inscrirait tout en ignorant et en annulant ce qui précède.

C’est la rencontre de deux histoires. La majorité des enfants adoptés n’ont pas de pathologies physiques graves susceptibles de nuire à leur développement et à leur bonheur. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils fassent face aux mêmes défis que les enfants biologiques. Avoir été abandonné, traumatisé, transporté d’un continent à l’autre n’est pas un
destin facile, surtout au début.

En tant que parent adoptant, c’est un sujet qui me touche particulièrement et je me suis aussi
posée cette question :

En tant que parent adoptant, comment rester objective face à des enfants adoptés pour mieux les aider en hypnose à vivre en harmonie avec leurs blessures d’abandon et de rejet, à vivre en harmonie avec leurs empreintes émotionnelles, à vivre en harmonie avec tout ce qui a pu interférer à leur bon développement ?

L’enfant adopté a d’abord été abandonné. Malgré tout l’amour, toute la tendresse et toute l’attention dont pourra l’entourer sa famille adoptive, la blessure primitive, sera là, ancrée pour le restant de sa vie.

Or, cette blessure primitive est d’une effroyable violence à l’aune du jeune âge auquel la plupart des enfants sont abandonnés. Elle a des répercussions à vie sur le psychisme et sur le bien-être physique de l’enfant. La douleur de l’abandon se manifeste à travers des comportements reconnaissables chez certains enfants adoptés.

Or, j’ai souvent constaté, une multitude de points communs chez la majorité des enfants adoptés, c’est ce que je souhaite décrire et peaufiner dans ce mémoire. Je vais me limiter aux différents comportements reconnaissables chez les enfants adoptés sans entrer dans le détail des « blessures » qui ont leur importance. Ceci étant un sujet à part entière.

Comment l’enfant peut-il se reconstruire sur la base d’un tel manque ? Comment l’aider à rebâtir une image de soi fondamentalement dévalorisée par l’abandon ?

Tout enfant adopté a deux filiations. Sa filiation d’origine et sa filiation adoptive. Dans son développement, le nourrisson devra effectuer un réel travail psychologique pour parvenir à se créer et à s’approprier de véritables racines fictives. Il est non seulement rayé d’une filiation inconnue par l’acte d’abandon, mais il doit s’inscrire dans une filiation déjà instituée.

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