l’Hypnose et le syndrome de l’intestin irritbale

Les élèves de l’ECH en formation pour Devenir Hypnothérapeutes réalisent un mémoire de fin de formation sur une thématique qu’ils ont choisie.

Voici la synthèse du mémoire réalisé par Eric Abed en 2020

l’Hypnose et le syndrome de l’intestin irritbale

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est un trouble gastro-intestinal fonctionnel caractérisé par des douleurs abdominales, une distension et une altération des habitudes intestinales pour lesquelles aucune cause ne peut être trouvée (Whorwell, Prior et Faragher, 1984)

Ce syndrome très répandu affecte plus les femmes que les hommes avec une prévalence de l’ordre de 5 % en France et près de 20% dans le monde.

Ses causes ne sont pas clairement identifiées et il n’existe pas de caractéristiques systématiques biologiques observables ou mesurables et aucune lésion organique ne le caractérise, ce qui ne l’empêche pas d’impacter très négativement la qualité de vie des clients.

Des douleurs abdominales et des malaises localisés sont les symptômes les plus fréquents et se manifestent sous forme de spasmes. Souvent des ballonnements provoquent une sensation d’inconfort. Des troubles du transit viennent aussi s’ajouter, constipation, diarrhées, ou encore une alternance des deux.

Le diagnostic du syndrome de l’intestin irritable (SII) est basé sur les critères dits de Rome, édictés par un consensus d’expert et dont la dernière version a été publiée en 2016

Le diagnostic est principalement clinique et se fait “en creux” : il y a syndrome du colon irritable lorsque trois symptômes sont présents de manière chronique, et après que impérativement d’éventuelles causes organiques ont été éliminées par des examens médicaux (notamment coloscopie, radiologie, anapathologie, etc)

Malgré sa prévalence, la prise en charge du SII reste aujourd’hui avant tout médicamenteuse, ciblée symptômes, ayant essentiellement recours aux antispasmodiques, anti-ballonnements, laxatifs ou anti-diarrhéiques et anti-douleurs. Mais ces thérapeutiques sont perçues comme extrêmement décevantes par les clients, et comme pour d’autres maladies chroniques et fonctionnelles, les clients atteints de ces syndromes font état entre autres d’une faible qualité de vie, d’idées suicidaires, de frustrations, d’anxiété, de désociabilisation et de taux élevés de psychopathologies.
C’est ce qui pousse de plus en plus les patients à s’intéresser aux thérapeutiques alternatives non médicamenteuses, telles que l’hypnose, les thérapies comportementales et cognitives, la relaxation, la psychothérapie.

Parmi ces thérapies, l’hypnose est une technique qui a fait ses preuves, d’autant plus qu’une composante psycho-sociale entre en jeu dans le SII, et que la physiopathologie de la maladie repose, entre autres, sur un dysfonctionnement de l’axe cerveau-intestin (comme nous l’avons vu plus haut dans l’analyse du tube digestif), le cerveau et le tube digestif communiquant de façon bidirectionnelle via le système nerveux autonome.
De nombreuses recherches ont montré la pertinence de l’hypnose et le fait qu’elle améliore la santé des individus touchés par cette maladie, depuis 1984 jusqu’à des études comparatives récentes avec des régimes alimentaires et un soutien psychologique classique menées en 2016 et 2019.

Les mécanismes d’action restent encore flous, mais l’hypnose aurait un impact sur la motilité intestinale des patients par de légers changement sur leur microbiote grâce à un travail pouvant prendre trois directions principales: une rééducation des perceptions, la gestion des émotions mais aussi un travail de fond sur la perception des causes profondes du trouble.

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