L’angoisse de mort ou la thanatophobie

Les élèves de l’ECH en formation pour Devenir hypnothérapeutes réalisent un mémoire de fin de formation sur une thématique qu’ils ont choisie.

Voici la synthèse du mémoire réalisé par Michel RIZZO en 2019

L’angoisse de mort ou la thanatophobie

S’il y a bien une chose que nous ignorons, c’est notre mort. C’est la raison pour
laquelle la peur s’installe en nous. Et c’est cette séparation d’avec la vie qui peut
angoisser, certaines personnes, plus que tout. En effet, la peur d’être séparé des autres,
de soi-même, et de son quotidien est souvent insupportable aux yeux de la plupart
d’entre nous.

Dès la naissance, la première expérience de l’émergence de la mort surgit. Notre venue
au monde nous installe parmi ceux qui vont mourir.

Comme l’explique Françoise Dolto, la perte de placenta protecteur est vécue par le
nouveau né comme une perte d’une part de lui-même. Et c’est cette perte, qui tout au
long de notre vie, constitue l’essence même de la peur de la mort.

Beaucoup de personnes peuvent avoir peur de la mort d’une façon globale, ce qui est
bien normal et humain, tout comme elles peuvent souffrir d’angoisses, à la suite de
l’annonce d’une mort précise ou programmée comme une maladie qui engage un
pronostic vital ou la vieillesse. Mais c’est lorsque cette peur est omniprésente que cela
devient pathologique.

Effectivement, pour certains, cette peur se transforme en angoisse profonde qui peut
devenir progressivement extrêmement invalidante.
De tout temps, les angoisses de mort ont existé, et c’est ce qui signe notre condition de
mortel. La société d’aujourd’hui ne fait pas exception. Son mode de communication ultra
connecté ouvre des voies royales à l’angoisse de mort. Les terreurs, catastrophes, et
attentats sont des réalités qui font effractions dans nos vies et qui alimentent nos peurs
et parfois nos angoisses les plus profondes.

Pour autant, le degré d’invalidité de ces angoisses de mort n’est pas en lien avec la
gravité d’un évènement. Une situation anodine peut ouvrir une voie tout aussi
angoissante.

Comme chez Emilie, le cas clinique de ce mémoire, dès le plus jeune âge, la peur de la
mort s’est installée. Elle raconte que depuis ses 7 ans, alors qu’elle jouait dans le jardin,
elle a pris conscience qu’elle pouvait mourir. Depuis cette peur s’est installée de façon
quasi-omniprésente dans sa vie, à tel point qu’aujourd’hui à 40 ans, elle lit chaque soir
jusqu’à l’épuisement pour éloigner cette peur de son esprit.

De quoi a-t-elle peur ? Peur du vide, peur de l’inconnu, peur de la solitude ? Comme
nous le verrons plus loin, cette peur omniprésente a été induite par un évènement
extérieur refoulé.

Ce mémoire est l’occasion de montrer que l’hypnose, plus que tout autre thérapie
permet d’aider le client à trouver « ses solutions » pour soigner ses angoisses
morbides chroniques. Le client souffrant de Thanatophobie a en réalité du mal à ne
pas pouvoir contrôler sa vie et sa propre fin. L’hypnotherapeute peut alors l’aider à
appréhender la situation d’un autre point de vue .

Notre rôle est de détecter grâce à l’anamnèse, les éléments clés essentiels et ensuite
grâce à l’hypnose, de l’aider à comprendre quels éléments de sa vie présente ou
passée déclenchent cette peur irraisonnée. En effet, il est essentiel de déterminer
l’origine de la Thanatophobie. Soit le client en a le souvenir, et nous connaissons donc
« le paradis perdu », ce qui pourra être traité entre autres, par un deuil. Soit ce dernier
l’ignore, et c’est donc inconscient, comme dans le cas d’Emilie, et une régression sera
l’outil parfait pour en retrouver l’origine. Grâce à l’ensemble de ces outils proposés par
l’hypnose (modélisation, futurisation, conseil des sages…), le client apprend
progressivement, lors de différentes séances, à revivre les occupations quotidiennes
auxquelles il avait dû renoncer .

La personne retrouvera ainsi une vie sociale normale et pourra jouir à nouveau de tous
les plaisirs de la vie sans penser à la mort quotidiennement de façon envahissante et
douloureuse.

L’hypnose offre donc, la possibilité au client de se « fermer » à ses angoisses
handicapantes, tout en le réinsérant dans une vie, la sienne, où les peurs et la mort en
font partie.

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